De grandes avancées pour les travaux sur la santé mentale, le sexe et le genre

Par Kim Barnhardt

Des repositionnements majeurs pour deux initiatives de recherche clés de l’USSO contribueront à élargir l’important travail de recherche et d’engagement des patients dans les domaines du sexe et du genre ainsi que de la santé mentale et de la toxicomanie en Ontario.

Un endroit idéal pour la santé des femmes

La transition de la Dre Paula Rochon vers le Système de santé Sinai ne pourrait mieux tomber. À titre de responsable de la recherche sur le sexe et le genre de l’USSO, elle y voit une immense occasion de développer ces importants travaux dans un grand centre hospitalier de Toronto reconnu pour l’attention qu’il porte au vieillissement et à la santé des femmes.

« Le Système de santé Sinai se consacre à la santé des femmes depuis plus de 100 ans », indique la Dre Rochon, directrice de la recherche au Weston and O’Born Centre for Mature Women’s Health du Système de santé Sinai et chercheuse clinicienne principale à l’Institut de recherche Lunenfeld-Tanenbaum (IRLT). Gériatre et première titulaire de la chaire Barry J. Goldlist en médecine gériatrique au Système de santé Sinai et à l’Université de Toronto, elle rejoint ainsi l’un des programmes de médecine gériatrique les plus importants et les plus respectés au Canada, offert en partenariat avec le Réseau universitaire de santé (RUS). « Le Système de santé Sinai prodigue des soins aux femmes à toutes les étapes de leur vie, de la grossesse à la ménopause, et au-delà. » Cette approche est renforcée par la vaste expertise du Système de santé Sinai dans le domaine du vieillissement et la recherche biomédicale de pointe menée à l’IRLT.

La santé des femmes et le vieillissement sont des priorités stratégiques pour l’hôpital et des domaines de premier plan pour la Fondation du Système de santé Sinai. « On a l’impression que tout le monde rame dans la même direction », affirme la Dre Rochon.

Elle y voit une immense occasion d’approfondir la compréhension de la ménopause et de l’après-ménopause, un aspect important, mais peu étudié, de la santé des femmes.

« Je trouve que le domaine de la santé des femmes d’âge mûr n’a pas reçu suffisamment d’attention dans le milieu de la recherche. À la ménopause, on réalise qu’il leur reste encore environ un tiers de leur vie, voire plus », explique la Dre Rochon. « C’est une période où l’on pense au vieillissement et à la prévention des maladies chroniques, et c’est une étape de transition importante. »

Elle souhaite continuer de s’appuyer sur les travaux de l’USSO visant à intégrer le sexe, le genre, l’âge et leurs intersections dans la recherche sur divers problèmes de santé qui peuvent se présenter différemment chez les femmes ou qui touchent les femmes de manière disproportionnée. Certaines maladies, comme l’arthrite, les troubles thyroïdiens et les migraines, touchent davantage les femmes que les hommes, tandis que d’autres, comme les maladies cardiaques, peuvent se présenter différemment chez les femmes. Les chercheurs doivent examiner les problèmes de santé sous les angles supplémentaires du sexe, du genre et de l’âge afin de mettre en évidence les différences et d’ouvrir de nouvelles pistes de recherche.

« Cela rejoint l’important travail de l’USSO pour bonifier la recherche à la grandeur de la province et dans tous les domaines : l’âge, le sexe et le genre doivent être pris en compte dans tout ce que font les chercheurs. Très souvent, lorsque nous parlons à des personnes qui adoptent ces perspectives supplémentaires, elles voient les choses différemment et posent des questions pour approfondir leur réflexion », ajoute la Dre Rochon.

Elle souhaite intégrer ces concepts dans les travaux de l’hôpital, mais aussi les étendre au milieu de la recherche et à l’écosystème de la santé dans son ensemble, en collaborant avec des partenaires externes pour élargir et intégrer ces déterminants supplémentaires de la santé dans la recherche.

« Il y a tellement de cliniciens et de chercheurs au sein du Système de santé Sinai ou qui y sont affiliés que c’est l’occasion de mieux faire connaître les façons d’intégrer le sexe, le genre et l’âge dans la recherche. Comme nous le faisons avec l’USSO, nous voulons aider les gens à penser à cela dans leurs recherches. Les IRSC l’exigent également, alors nous voudrons continuer dans cette voie. »

Elle y voit l’occasion d’intégrer le sexe, le genre et l’âge dans la production de rapports, la prestation des services, l’amélioration de la qualité et l’analyse des données afin de poursuivre ces travaux.

« Nous travaillons avec l’USSO depuis plus d’une décennie, et c’est une expérience formidable de collaborer avec elle », souligne la Dre Rochon. « Vasanthi a compris très tôt qu’il fallait travailler avec les femmes, en tenant compte de certaines de ces intersections et des différentes tranches d’âge. Elle en a fait une priorité — peut-être avant même que d’autres reconnaissent que c’en était une — et elle a continué à faire de la sensibilisation à ce sujet. Je pense que c’est vraiment important. »

La Dre Rochon et son équipe du Centre ont récemment publié leur Plan d’action stratégique de recherche pour 2026-2031. L’intégration du sexe, du genre et de l’âge dans la recherche constitue le fondement de leurs trois axes stratégiques.

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Un nouveau port d’attache pour la recherche en santé mentale et en toxicomanie

Les besoins en matière de recherche et de soins en santé mentale et en toxicomanie augmentent en Ontario, et le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH), à Toronto, est bien outillé pour répondre à cette demande croissante. Il s’agit du nouveau port d’attache de l’Initiative de recherche en santé mentale et en toxicomanie de l’USSO, auparavant dirigée par le Dr Paul Kurdyak par l’entremise de l’ICES et maintenant menée par le Dr Aristotle Voineskos, vice-président principal, Recherche et science, et directeur de l’Institut de recherche en santé mentale de la famille Campbell au CAMH, avec son équipe.

L’Initiative d’engagement dans la recherche du CAMH, financée par l’USSO, mettra son expertise en matière d’engagement des patients et des familles à la disposition des chercheurs et soutiendra un réseau d’environ 600 jeunes, patients, proches aidants et familles prêts à agir comme partenaires dans des projets de recherche, non seulement à Toronto, mais partout dans la province.

À titre de plus grand hôpital d’enseignement en santé mentale au Canada, le CAMH a mis en place une solide infrastructure pour soutenir l’engagement actif et significatif en recherche des personnes ayant une expérience vécue — patients, proches aidants et familles —, ce qui permettra d’élargir les travaux du projet EPI-SET, sur l’intervention précoce et la diffusion de traitements fondés sur des données probantes, et du programme NAVIGATE (en anglais seulement), tous deux axés sur le soutien aux jeunes atteints de psychose précoce.

La Dre Lina Chiuccariello, directrice de la recherche clinique au CAMH, se réjouit de la prochaine phase de la recherche en santé mentale en Ontario menée par l’établissement.

« Nous disposons maintenant d’un réseau d’environ 600 personnes prêtes à participer à des projets en partenariat avec les patients et les familles. Nous offrons de la formation aux chercheurs ainsi qu’aux patients et aux familles agissant comme conseillers afin de les aider à comprendre en quoi consiste un partenariat dans le cadre de projets de recherche, et nous fournissons des outils didactiques sur la façon de procéder », précise-t-elle. « Nous en sommes à l’étape où nous pouvons élargir nos activités hors des murs du CAMH grâce au financement de groupes comme l’USSO. C’est l’occasion de mettre à profit ce que nous avons appris à l’intérieur comme à l’extérieur des murs de l’hôpital. »

L’objectif est de devenir un guichet unique pour les travaux en santé mentale, en toxicomanie et en psychose précoce, non seulement au CAMH, mais aussi dans l’ensemble de la province, et potentiellement à l’échelle du Canada, en plaçant le partenariat avec les patients et les familles au cœur de la démarche.

En plus d’offrir un répertoire de patients et de familles partenaires pouvant aider les chercheurs dans leurs travaux en santé mentale et en toxicomanie, l’Initiative d’engagement dans la recherche élargira son comité scientifique afin d’examiner les demandes de subvention comportant un volet santé mentale et toxicomanie. Elle mettra également les chercheurs en contact avec des patients et des familles partenaires ayant une expérience vécue qui pourront formuler des commentaires sur ces demandes. Cela aidera les chercheurs à préparer des demandes de financement conformes aux pratiques exemplaires de la recherche en santé mentale et en toxicomanie, et à accroître leurs chances de succès.

Le mentorat et la formation constituent également des aspects importants de la prochaine phase des travaux du CAMH.

« Nous élaborons un programme de mentorat pour que les stagiaires et les chercheurs en début de carrière apprennent tôt dans leur cheminement à quoi ressemble l’intégration des pratiques exemplaires d’engagement des patients et des familles dans leurs plans de recherche, et ce programme pourrait aussi être mis à profit par d’autres organisations », indique la Dre Chiuccariello. « Certains comprennent l’importance de l’engagement précoce des patients et des familles, tandis que d’autres sont désireux d’en apprendre davantage. Les gens doivent se familiariser avec l’engagement comme faisant partie intégrante de la formation en recherche, au même titre qu’ils apprennent les statistiques. Nous sommes là pour soutenir cette démarche par le transfert des connaissances et le mentorat sur les pratiques exemplaires. »

L’équipe espère déployer ce programme de mentorat auprès d’autres entités financées par la SRAP, comme les centres de recherche de l’USSO et les projets de la SRAP dans d’autres provinces.

Comme nous vivons à une ère hautement numérique, l’équipe concevra une plateforme d’apprentissage en ligne pour offrir à la communauté des programmes de formation sur l’engagement dans la recherche et d’autres sujets, avec des approches adaptées à des populations particulières, comme les jeunes, les personnes aux prises avec une psychose, et d’autres. Il s’agit d’une priorité pour les deux prochaines années, l’objectif étant de soutenir le réseau élargi de l’USSO.

« Nous appliquons les pratiques exemplaires pour mobiliser les familles, les proches aidants et les patients partenaires, mais il peut y avoir des considérations particulières, par exemple quand est sollicitée la participation de jeunes, de personnes judiciarisées, de personnes aux prises avec une psychose ou d’autres populations que nous desservons au CAMH », fait observer la Dre Chiuccariello. « Nous devons tenir compte de ces considérations et nous assurer de concevoir un espace sûr et ouvert, ainsi que des formations et des activités éducatives adaptées à ces réalités. »

Depuis l’arrivée de la Dre Chiuccariello à l’hôpital, d’abord comme étudiante à la maîtrise puis comme membre du personnel, les travaux sur l’engagement des patients ont pris beaucoup d’ampleur.

« J’y réfléchissais récemment lors de notre deuxième Journée annuelle de l’engagement dans la recherche au CAMH. Quand nous avons commencé, je reconnaissais tous les visages dans la salle, mais il y en avait depuis tellement de nouveaux, ce qui montrait à quel point l’initiative d’engagement s’était élargie. Je suis reconnaissante du temps que les gens ont consacré à cet important travail et j’ai très hâte à la prochaine étape, nos travaux s’inscrivant comme priorité en santé mentale au sein de l’USSO. Nous continuerons de travailler pour veiller à ce que les voix des personnes ayant une expérience concrète de problèmes de santé mentale et de toxicomanie soient intégrées dans la recherche globalement et dans l’ensemble de la communauté de l’USSO », a conclu la Dre Chiuccariello.

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