Le système de santé apprenant : une machine bien huilée
Par Kim Barnhardt
Tel un habile ingénieur qui règle au quart de tour des machines complexes pour qu’elles livrent efficacement le produit souhaité, John Lavis renforce le système de santé de l’Ontario pour qu’il puisse s’adapter aux défis et offrir des soins de santé de manière efficiente.

Le Dr Lavis est un ardent défenseur du système de santé apprenant (SSA), une approche qui allie la recherche et la prestation de soins en temps réel pour améliorer la santé et l’expérience des patients et des fournisseurs tout en gardant les coûts par habitant raisonnables.
Le cadre pour un système de santé apprenant (voir le graphique ci-dessus) montre les différentes composantes comme des engrenages qui tournent en harmonie pour éclairer et améliorer le système de santé, à la manière des composantes d’un moteur bien monté. L’analyse de données et les connaissances particulières de la population (engrenage 1), la synthèse des données probantes (engrenage 2), la coconception avec les patients, les aidants et les prestataires (engrenage 3), la mise en œuvre et la portée (engrenage 4), et l’évaluation, la rétroaction et l’adaptation rapides (engrenage 5) agissent comme rouages pour améliorer les résultats du système.
Forts du succès des nanocours sur le système de santé apprenant que l’USSO offre aux cliniciens-chercheurs, aux chercheurs, aux citoyens-chercheurs et aux patients partenaires, le Dr Lavis et ses collègues ciblent maintenant un groupe clé : les hauts fonctionnaires du ministère de la Santé et du ministère des Soins de longue durée de l’Ontario. S’inspirant de ces cours populaires offerts plusieurs fois par année, le Dr Lavis et ses collègues en ont conçu une version « pico » de 60 minutes, plus ciblée, pour les décideurs très occupés. Le préfixe « pico » a été choisi pour indiquer que ce nouveau cours est encore plus ciblé que le « nano » cours, même s’il n’est pas 1 000 fois plus petit.
« Un système de santé apprenant, ce n’est pas seulement d’excellentes données et analyses. Ce n’est pas que l’engrenage 2 ou 3, qui font intervenir les données probantes d’ailleurs et l’expérience vécue des citoyens. Ce n’est pas non plus qu’une bonne maîtrise des engrenages 4 et 5. C’est la combinaison de tous ces éléments », explique le Dr Lavis, professeur à l’Université McMaster et directeur fondateur du McMaster Health Forum. « Nous tentons d’inclure dans ces cours des exemples pratiques pour les décideurs. Nous parlons de ce que cela représente sur le terrain, de la façon dont les engrenages interagissent, des ressources qu’eux-mêmes et d’autres ont déjà financées et qui peuvent être harmonisées pour soutenir cette approche. »
Avec l’appui de l’USSO, l’équipe de prestation initiale a été maintenue, qui comprend la citoyenne partenaire Maureen Smith et le chef de la recherche, le Dr Robert Reid, chercheur en chef émérite à Partenaires de santé Trillium. L’équipe a aussi été élargie avec l’intégration de la Dre Heather Bullock, qui a occupé des postes de direction dans de nombreux secteurs du système de santé, notamment au Centre de soins de santé mentale Waypoint. Pour piquer la curiosité des participants et rendre le contenu accessible, on commence par des exemples de l’Ontario, puis présente des équipes qui font du travail de SSA qui correspond habituellement à un engrenage ou deux et discute de la façon dont elles pourraient en faire plus en faisant intervenir d’autres engrenages.
L’USSO soutient également le groupe de travail sur le système de santé apprenant, qui rassemble tous les principaux intervenants de l’Ontario et qui en a élaboré le cadre, sous la direction du Dr Reid, de l’Institut pour une meilleure santé de Partenaires de santé Trillium. Ce cadre, Actioning the Learning Health System: An applied framework for integrating research into health systems (en anglais seulement), a reçu le prix du meilleur article de l’année 2025 de l’Association canadienne pour la recherche sur les services et les politiques de la santé (ACRSPS).
Ce travail profitera non seulement à l’Ontario, mais aussi aux autres provinces. Les Drs Lavis et Reid ont présenté un cadre générique que tous peuvent utiliser en Nouvelle-Écosse, à Terre-Neuve-et-Labrador, en Saskatchewan et en Colombie-Britannique, et ils le présenteront bientôt au Manitoba. L’objectif est d’aider les gens à cerner les lacunes, à harmoniser les ressources existantes dans leur province et à imaginer ce qui peut se produire lorsque tous les engrenages du système de santé fonctionnent à l’unisson.
« Nous essayons d’amener les gens à comprendre qu’il faut que tous les engrenages soient actifs pour que le système de santé apprenant fonctionne. »
La prochaine étape? Une séance de suivi pour les ministères de l’Ontario, puis une autre pour les cadres supérieurs des hôpitaux, des services de soins à domicile et d’autres secteurs qui tentent de comprendre comment cette approche pourrait catalyser leur travail.
L’objectif du Dr Lavis est de propager cet état d’esprit dans l’ensemble du système de santé, en intégrant en temps réel l’apprentissage et l’amélioration continue pour bonifier les résultats de façon équitable.